Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /Mars /2009 00:25

Malgré les horreurs débitées à la radio, tout aussi déprimantes que d’hab, avec ces pauvres employés abasourdis de la fermeture de leur usine, allez hop 1200 chômeurs de plus, pas grave c’est la crise, malgré tout cela ce fut une belle journée. Le soleil était là et l’air embaumait le printemps. Et puis, monsieur Lanzmann qui racontait son dernier bouquin, le lièvre de Patagonie. Monsieur Lanzmann, un n ou deux ? Celui qui fut l’amant, l’ami, le compagnon, mais pas l’amour de Simone. Oui lui, je l’écoutais fascinée. Sur le chemin du travail, le débit saccadé de Simone, la mitraillette de paroles. Disait-elle ainsi ses mots d’amour ? Ses petits mots idiots à d’autres mais si chers aux amoureux ? Je ne sais. Mais il me semble qu’un tel débit ne prouve pas une assurance totale, comme si elle avait peur que l’on lui coupe la parole. Qui on ? Sartre ? Elle a tellement navigué dans son ombre que c’est à penser. Mais peut-être que non. Comment une personne si intelligente aurait put-elle manquer d’assurance ?  Moi c’est mon péché d’enfer, mais pas elle, non. Et puis monsieur Lanzmann parle, encore, et il raconte son manque d’assurance. Quoi, lui aussi ? Je rêve, je fabule, j’ai des hallucinations auditives ou quoi ? Mais non, il recommence, il renchérit. Il décrit son manque, son besoin de réassurance comme preuve de talent. Waouh, j’en pleurerais. Lui aussi. Je ne suis dons pas si branque que cela, alors ?

Ce n’est pas le doute mais la certitude qui rend fou. Friedrich Nietzsche
Par Ketty - Publié dans : Journal d'une année de crise
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 12:47

Pas besoin d’attendre la fin de la journée pour entendre les mauvaises nouvelles. Je viens d’écouter ce fait d’horreur à Stuttgart, ce fou qui est entré dans un collège et qui a tué plus de 30 personnes, principalement des adolescents. Douleur des familles, incompréhension de ce geste idiot et méchant. Pourtant j’avais l’âme légère ce matin, peut-être à cause du rayon de soleil, peut-être à cause des gens que j’avais croisé ou avec qui j’avais discuté via le téléphone, ou un mélange du tout. Il est des jours heureux, profitons-en, avant que les infos ne vous plombent.

Aujourd’hui j’avais envie de décliner le mot CRISE, dans lequel on trouve cri, cré, criés, série, ecris, si, ré, ce, ces, sire, cire, cirés, ire, mais aussi ri, ris, cise, es, pas beaucoup de mots rigolos, si ce n’est ri. Peut-être ri jaune, ri bleu, ri vert, ri rouge, ri noir. La série va écrire en si, en ré, et j’ai crié, non pas Aline, mais mon ire pour ces tristes sires qui nous malmènent la vie.

Par Ketty - Publié dans : Journal d'une année de crise
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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 20:08

Les nouvelles sont toujours aussi noires, que ce soit les attentats en Irlande du Nord ou en Irak, ils se font un concours de tueries ! et nous c’est le printemps des poètes ! Qui a tort, qui a raison ? Telle est la question. Pas de renseignements sur la petite brésilienne, vraie ou fausse information ? C’est à se demander car si dès le lendemain nous n’entendons  plus aucun bruit, était-ce vrai ? Je préfèrerais que ce soit faux, mais alors cela veut dire que l’on veut nous faire gober n’importe quoi !

A l’heure ou notre assemblée débat sur la loi internet, punition ou pas punition pour les téléchargements illicites, une vague recouvre peu à peu le pays. Celle des restos à presque rien, 3 euros 50 dans ma ville pour un plat et un dessert. Pour conjurer la crise. Alors que la semaine passée sortait le Gault et Millau ou autre sur les restos, guide des lieux où un repas pour deux et une bouteille de vin équivaut à un RMI. Vous trouvez-ça juste ? Moi je sens un léger vertige entre les 2. cantine des pas pauvres, eux ils vont aux restos du cœurs, cantine donc de ceux qui travaillent mais à bas prix alors que les restaurants gastronomiques s’affichent dans leur bottin en réclamant des étoiles, valeurs sûres de la renommée française. Mais pour qui ? Pas pour ceux qui vont déjeuner dans un resto bas prix. Cela me fait penser à O Verlaine de Teulé, lorsque les copains de Verlaine vont manger dans une gargotte qui récupère les restes des assiettes des restos et les sert pour presque rien aux nécessiteux. On ne pique pas les restes des grands restos, mais les denrées à vil prix, bestioles nourries aux farines un peu louches et transitant par des pays pas trop regardants, pour les pauvres ça suffira. Ça nous tuera plus sûrement qu’une bombe H, plus lentement sûrement, mais nul n’y réchappera. Vive la crise alimentaire 
Par Ketty - Publié dans : Journal d'une année de crise
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 20:52
Retour à la case départ, au boulot. Tout se passait mal sur les ondes encore. Cette pauvre femme au Mexique accusée à tort ou à raison, mais surtout pas pour ses actes. Quelle en est la raison ? Mystère. Encore un échange de pouvoir contre une vie humaine fortement médiatisée. C’est plus facile pour une ressortissante française, dont le pays a la notion des droits de l’homme. Mais le jeune blogueur musulman lui est en train de mourir dans sa prison pour avoir critiqué un état, son état, son père l’a même désavoué et trouve la peine encore trop douce. Qu’on lui tranche la gorge comme à un goret et qu’on n’en parle plus. Mais qui sont ces gens pour vouloir du mal à leurs enfants ? On peut ne pas être d’accord avec sa progéniture, être en désaccord avec elle, mais de là à vouloir sa mort, ça me dépasse, surtout pour un fait si minime. Mais là n’était pas la plus triste nouvelle. Cette petite fille de 9 ans excommuniée car avortée  me laisse sans voix. Une enfant, une mimine de 9 ans, un bouchon, violée par son beau-père, trahie jusque dans sa chair, désavouée par son évêque, et par le Vatican. Mais qui est le pire des musulmans ou des catholiques ? Je ne sais, mais je crois qu’ils sont tous à mettre dans la nasse et à jeter aux crocodiles. Mais peut-être qu’ils n’en voudront même pas, les crocodiles, de cette viande hargneuse, sûrement avariée de tant de bêtises. Pire que l’Inquisition. Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens. Oh Dominique, tu aurais mieux fait de te taire ce jour là, je ne retiens de ta carrière ecclésiastique que cette horreur. Cette enfant donc, est accusée du pire, mais pas le beau père. Elle est excommuniée, c'est-à-dire rejeter de sa communauté religieuse, mais pas le beau-père. Soi disant qu’elle l’aurait séduite, à 9 ans ? Précoce Lolita, mais qui est donc cet homme pour se gaver de cette chair qui sent encore le lait de sa mère ou le bonbon ? Les bras m’en tombent de cette folie. Religieux, même combat, pas un pour racheter l’autre. Je me connaissais athée mais je me sens devenir a-religieuse, et limite anticléricale. Même si j’ai souvenir de prêtres et de sœurs humains, là mon cœur d’adulte se révulse devant tant de méchanceté. Déjà l’autre là qui refusait de croire à la Shoah, maintenant cette enfant. Où est leur dieu d’amour ? Laissez venir à moi les petits enfants que je les engrosse, et les dévore comme l’ogre, puis je les rejetterai dans les limbes de l’Enfer pour ne plus les voir sous mes yeux, ça me gâche la journée. Je ne connais pas de scénario pire. Même pas un téléfilm de dernier étage n’oserait une telle histoire, et pourtant c’est la vérité. Chercher l’horreur, elle est là, chez l’humain. Ne parlons plus de catastrophe naturelle, de tremblement de terre ou de tsunami, c’est l’homme qui est la catastrophe. Humain, trop humain, cher Nietzsche, mais je vais finir par croire que c’est le vilain Schopenhauer qui avait raison, l’homme ne vaut pas la peine de se reproduire. Où est-ce la religion qui les rend ainsi, telle est la question 
Par Ketty - Publié dans : Journal d'une année de crise
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 20:29

Connaissez-vous Saint Hilaire la Palud ? Joli petit village niché entre ses canaux et ses bois, à 40 km de La rochelle et 25 de Niort. Petit bourg paisible où les gens lisent, et organisent le Salon des Dames du Marais, que des auteures en cette journée de la femme ! Outre l’accueil plus que charmant, j’ai plongé dans un monde si proche et si lointain, les histoires du village, à l’ombre de l’église. Le troussepinette m’ait un peu monté à la tête, ne pas abuser de cette boisson pourpre et liquoreuse. J’y ai rencontré des personnes joyeuses, attentionnées, et ce fut un réel plaisir de passer une journée dans ce salon. Mes voisines étaient fort agréables et nous avons bien discuté. J’apprends le métier, et même si je ne sais pas vendre mes livres, car c’est pour moi me vendre, ce que je me refuse du haut de mon orgueil. Au cours de ces échanges amicaux, j’ai parlé avec une vieille dame, une romancière aguerrie, une qui avait connu la guerre justement. Pour elle la crise remplaçait la guerre, le monde avait dérapé et il fallait un état de choc pour le remettre en bonne voie. Du lointain de ces 87 ans, elle analysait le désespoir des jeunes à qui on ne promet que chômage ou sida, comment avoir envie d’aller de l’avant avec de tels bagages ? Pas facile. Au terme de cette belle journée je suis rentrée. Et dans ma voiture j’y ai mis la radio, loupé les infos mais bof je n’avais pas envie des malheurs du monde ce soir-là. Mais que voilà ? Saladin et les musulmans, la jeune femme en tchador m’est revenue comme la nuit après le jour, et j’ai éteint la radio. Je ne comprends pas son attitude, je tentais de m’expliquer, je lui créais des histoires, mais non je n’arrivais pas à en faire une héroïne, plutôt une victime de la vindicte mâle. Cacher ses cheveux comme autrefois les dames sont leur coiffe. Cela nous ramène des années en arrière, et même dans un autre monde, celui de la petite Fadette, loin bien loin.

Par Ketty - Publié dans : Journal d'une année de crise
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 13:02

C’est le week-end, je pars dans le marais poitevin que je ne connais pas. Sur la route, les infos bien sûr. Je n’ai pas retenu le nom, mais un monsieur, style jeune politicien averti, un peu zébulon dans le genre homme qui fait tout et beaucoup, l’hyperactivité semble de mise pour réussir en politique. Bref, ce monsieur discutait de la crise, de la France et autres sujets de premier intérêt. Il a dit plusieurs choses déjà souvent entendues, et aussi une phrase qui me trotte dans la tête depuis, « tout le système politique s’est écroulé avec la chute du mur, et depuis la gauche n’a pas retrouvé son souffle vital ». Quelque chose d’approchant, mais qui me semble clair. L’Europe s’est construite sur les ruines du Mur, et le système s’est écroulé  avec les pierres. Cela paraît juste. Mais doit-on reconstruire ce Mur de la honte pour retrouver une paix économique ? Je ne le souhaite pas. Mais c’est à méditer. Que nous a apporté le mur, ce clivage est-ouest. Et que nous a apporté la chute, l’écroulement d’une idéologie erronée, d’une utopie communiste. Mais qu’avons nous mis à la place ?  Un narcissisme puéril, limite pervers. Et la Crise n’est que la crise d’adolescence d’un système défaillant. Où se cachent les psychiatres du monde pour nous aider à grandir, à devenir adultes responsables ?

Ma balade sur les canaux du marais fut gâchée par ces pensées trop prégnantes. De plus une image s’imposait à mon esprit, sans que j’arrive à la chasser. J’avais croisé la veille une jeune femme, de teint clair, aux beaux yeux gris, au français irréprochable sans aucune trace d’accent. Une jeune femme d’ici quoi. Seulement ses cheveux étaient cachés par un tchador. Je le revois très bien au fond de ma mémoire révoltée. Pourquoi ? Pourquoi faire cela ? Elle me rappelle les nonnes de mon enfance, dont la coiffe cachait la chevelure, et nous n’avions pas assez de curiosité pour imaginer des boucles brunes ou blondes sous cette gangue noire et blanche. Il en est de même de cette jeune femme, harnachée sous son tchador, caparaçonnée d’une idéologie déplacée. Simone, au secours ? Où sont les femmes ? Ont-elles déjà oublié la leçon du deuxième sexe pour se mutiler de la sorte ? Cette image me donne envie de pleurer, oui je voudrais autre chose, et plus jamais ça.

Par Ketty - Publié dans : Journal d'une année de crise
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Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 20:17

Dépression ou récession, c’est la grande question du jour. Il parait que les 3 mois à venir vont être terribles. Peut-être cela nous permettra de penser autrement, enfin j’espère. Mais je n’arrive pas à être maussade en ce jour. Cet après-midi en allant traîner dans mon magasin préféré, Solidarité Urgence, que de la deuxième ou troisième main, j’ai trouvé un CD pour la somme folle de 50 cents, un CD de Jean-Seb. Sitôt rentrée à ma maison, je le jette dans la machine, et la merveille des merveilles, la petite fugue, celle qu’a chanté Maurane, me saute aux oreilles ravies. Les notes grêles du clavecin égrainent cette mélodie par moi aimée. Que me faut-il d’autre pour être heureuse en ce jour ? Rien. La musique a cette force qu’elle vous berce en ses notes et vous emmène dans des pays merveilleux. J’ai un gros faible pour Ludwig, mais Jean-Séb me convient bien, surtout ce morceau là. Mias pour en revenir à ma sortie, quand je vois tout ce qu’on jette comme vêtements, livres, vaisselle, je me dis qu’il y a là quelque chose qui ne va pas. Les trois quarts du monde manquent du nécessaire et nous on balance à qui mieux mieux les chaussures non abîmées mais dont on a assez, et de même pour le reste. Je fais partie du même genre, mes armoires dégueulent de vêtements jamais portés, ou alors il y a longtemps, mais dont je ne me sépare pas. Au cas où, au cas où je perdrais les quelques kilos qui me gênent aux coutures. Alors que je sais bien que si tel était le cas j’aurais envie de choses nouvelles. Comment sortir de ce cercle infernal d’hyperconsommation ? Chacun de nous a son chouchou en matière de conso, moi ce sont les livres, les Cd, les fringues et les chaussures. D‘autres ce sont les vacances, les voyages, le matériel, les meubles, la maison. Chacun sa folie, mais la mienne me répugne car je vois bien son inutilité. Cherche docteur qui me guérirait de ma fièvre acheteuse.

Par Ketty - Publié dans : Journal d'une année de crise
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Jeudi 5 mars 2009 4 05 /03 /Mars /2009 18:16

 

Les colporteurs de mauvaises nouvelles sont en vacances, cela fait 48 heures que l’on ne nous annonce pas de catastrophes. Quoiqu’au Soudan, ce n’est quand même pas l’Eden. Et puis le Darfour qui revient avec ce procès. Combien de morts ? Génocide ou pas génocide ? Et même cela ne fera pas revenir les morts. Dommage qu’ils ne puissent  pas témoigner au procès. Ha si, quand même, Général Motors au bord de la faillite. Combien de chômeurs en plus ? Un raz de marée, un Tsunami de gens jetés sur le pavé, comme des malpropres, alors qu’ils n’ont fait que travailler pour engraisser les portefeuilles des actionnaires. Pourquoi n’y a-t-il pas un aller retour. L’entreprise fait des bénéfices, les actionnaires crient bingo. L’entreprise bât de l’aile, les actionnaires versent ce qu’il faut. Juste, non ? Il n’y a pas ni responsabilité ni vase communiquant. Pourquoi ?

Pas de réponse, tout le système est à revoir, et je ne connais pas assez le sujet pour rendre ma copie ; je vais prendre une banane au café du commerce, collée au pilori des ahuris de service. Bof, très peu pour moi. Mais ça ne m’empêche pas de m’interroger.

J’ai fini « la petite fadette », merci madame Sand, 160 ans après je trouve cela très bien. C’est frais, un peu paysan fruste et susceptible à la bonne réputation, mais c’est la même chose dans les villes. Même maintenant. Non, c’est clair, c’est beau ces passions décrites en termes pudiques. Ça commence mal, les futurs amoureux se jettent comme des vilains avant de s’aimer comme des enfants. J’aime bien, un peu comme « orgueil et préjugés ». ce n’est pas à l’eau de rose et ça parle pourtant d’amour, comme je l’imagine…il paraîtrait que George Sand a écrit ce roman très vite, car elle avait besoin d’argent, et qu’on le lui a reproché. L’écriture se doit elle d’être besogneuse pour mériter la faveur des critiques ?    

Par Ketty - Publié dans : Journal d'une année de crise
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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 19:54

Ce matin pas d’horreur à la radio, j’ai pu déjeuner en paix. Seulement notre gouvernement annonçant que nous étions dans une grosse crise, vraiment importante. Ah bon, il me semblait le savoir, mais le pire est peut-être à venir. Attente. Ne pas céder à l’angoisse.

J’ai fini « piste noire » comme de bien entendu. Dommage que l’on raconte de telles choses aux ados, l’amour physique y est bafoué, il n’y a rien pour rattraper. C’est ce qui me gêne. Et puis la fin moralisatrice, les vilains qui se rendent à la police où vont se perdre exprès en montagne. C’est leurrer le lecteur ou la lectrice.

Bon, pour ce soir j’ai « la petite fadette ». Autre temps autres mœurs. Il y a pourtant dans le début des choses éminemment actuelles, George Sand avait-elle une boule de cristal ? Ou bien l’histoire n’est-elle qu’un éternel recommencement ?

            « Un peu de gêne et de surcroît de travail peut-être fort salutaire aux gens de notre condition (les riches), mais un surcroît de misère, c’est la mort du pauvre. Et puis, mettons de côté la souffrance matérielle : il y a dans l’humanité, à l’heure qu’il est, une souffrance morale qui ne peut rien amener de bon. Le méchant souffre, et la souffrance du méchant, c’est la rage ; le juste souffre, et la souffrance du juste, c’est le martyre auquel peu d’hommes survivent. »  

Et il y en a plusieurs pages de la même veine, je m’y retrouve parfaitement. Pas vous ?

Mais pour finir, pour vous, et pour me, donner de l’espoir, je vous redonne le poème d’une petite Marie de 8 ans, que je trouve merveilleux.

                                   Un bonbon c’est bon,

                                   Deux bonbons c’est bon,

                                   Trois bonbons c’est bon,

                                    Mais ton petit cœur

                                   Contre mon petit cœur

                                   Il n’y a rien de meilleur !

Elle est pas belle la vie !

Par Ketty - Publié dans : Journal d'une année de crise
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 20:15

Journal d’une année de crise

 

Jour 1.

Pas d’adolescence, non, une année d’une adulte bercée par les livres. Tiens le 1er jour, c’est le printemps des poètes, Verlaine, Prévert, Juarroz, mes préférés, plus les autres. Qui tiennent en un mot une émotion, un ressenti. Souffleur d’âmes qui envole ou fait sombrer dans la nuit la pluie noire. Hier soir j’écoutais Mickael Edwards, ha monsieur Edwards, vous avez bercé mes petits déjeuners très matinaux en parlant de l’émerveillement, de la folle joyeuseté de Shakespeare, et surtout vous m’avez transporté en me faisant découvrir le Spem in allium. Merci, je crois que cette musique et ses voix furent pour moi une vraie découverte, comme on en a peu. Merci pour tout. Les news sont toujours aussi mauvaises, j’entends les mêmes ritournelles. Je me rends compte que l’on essaie de sauver un système qui touche à sa fin, mais qu’on ne sait pas quoi mettre à la place. Tristesse de l’impuissance et du non savoir. J’ai refermé « Pêcheur d’Islande ». Voilà le héros est mort en mer, et sa chérie se désole à terre. Drôle de pays où les hommes ne sont là que 6 mois l’an, toutes ces générations sacrifiées à la mer ou à l’armée. J’eus aimé une histoire simple, sans histoire d’amour; Pourquoi toujours rajouter l’amour, comme si la vie n’était que cela. Question existentielle. Vraiment, je suis faite pour Zola. Une blague qui m’a fait rire : Tu te gares à la place de l’église. Oui mais l’église je ma mets où ?

Jour 2.

Temps moyen, journée plongée dans les poèmes des autres, où j’ai cherché désespérément la musique d’un Verlaine. Rien. Je ne sais plus combien de morts dans un attentat, encore. on m’a envoyé une vidéo sur les talibans en train de découper des têtes comme moi ma tartine le matin, des têtes encore et encore. J’ai coupé le reportage et je me pose la question. Nous avons mis du temps à sortir de l’inquisition, ils y sont encore. Six cent ans nous sépare, va-t-il falloir attendre 600 ans avant que ça se calme ? J’ai honte de mon impuissance, j’ai honte de mon confort devant tout cela. Mais que puis-je faire ? Signer des pétitions, dire non au vent qui s’en fout ? J’ai mal à l’âme de ce désordre, à quand le paradis sur terre ? Et puis je tombe dans « l’élégance du hérisson ». Je suis confuse, mais je n’ai pas l’engouement bienséant. D’abord le Japon ne m’attire pas plus que ça, il y a dans cette culture des choses qui me dépassent et me laissent froide, le goût extrême, la cruauté. Non je n’accroche pas. Puis une question, êtes vous capable de citer la suite d’une phrase d’un livre que vous avez aimé si on vous en donne le début ? Moi pas. Et l’intrigue est construite sur une phrase d’Anna Karénine, que les deux antagonistes jettent dans la conversation et ainsi se reconnaissent. Je ne peux pas y croire, j’arrête de me prendre au roman, je retombe. Plof.

Jour 3.

Frisquet ce matin, attentat en Inde ou au Pakistan contre l’équipe nationale de cricket. Encore, une certaine lassitude me noie. La radio parle de « fraternité », livre de Régis Debré, ils parlent parlent, du devoir de reconnaissance des droits de l’homme. Et si nous parlions des devoirs de l’homme ? Non, tout le monde renchérit sur autre chose. Cet après midi j’ai lu un roman jeunesse sur une petite fille, toute petite, abusée par un voisin, un gamin. Tristesse profonde. Et la façon dont est le livre, qui ne parle pas d’un futur où le sexe pourrait être joyeux. Non rien que de l’horreur, mais ce n’était pas le thème, il faut dire, toujours dire. J’en ai attrapé un autre, « piste noire » sur un viol collectif, toujours roman jeunesse. Je vais le finir là maintenant, mais tristesse encore. non pas se boucher les yeux comme une autruche. Mais est-ce tout ce que l’on montre à nos petits ? Ou alors des histoires d’amour à la guimauve, ou du viol. Détresse intense. J’ai lu quelques poèmes à Ambre, mais je ne crois pas que ma lecture de Verlaine ou de Desnos ne l’ait subjuguée. Dommage, j’aurais bien aimé transmettre ma flamme pour ces deux là. Aller, on reprend la lecture. Tiens mon voisin a coupé ces arbres, l’expert vient vendredi constater les dégâts occasionnés par les arbres défunts, il va falloir lutter, argumenter, fournir les preuves. Lutte encore à venir pour prouver son bon droit. Fatigue.

Par Ketty - Publié dans : Journal d'une année de crise
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