Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 14:59

Corne de brume dans le petit matin, tout pès de la Corne d'or. Non, J&K ne sont pas sur le Titanic mais à Istanbul où le Bosphore est noyé dans une purée de pois (chiche ou humus). Le réveil n'en est que plus lent et la pluie froide attend les voyageurs à la sortie de l'hôtel. Ils ouvrent les parapluies achetés en urgence à Izmir. Celui de J tient encore à peu près, celui de K pend de chaque côté lui offrant un abri genre cloche plus qu'ombrella. Mais pour deux euros, on n'ira pas se plaindre. 

Direction ce matin vers la Basilique de Sainte Sophie, en fait qui n'est pas une sainte. En 537, le financeur de travaux dédia cette énorme basilique à la sagesse, Ayat Sofia, d'où le nom actuel. C'est énorme de l'extérieur, gros murs en briques qui ont résisté au temps, aux tremblements de terre et aux hommes. La coupole est juchée à 56 mètres. De l'extérieur c'est imposant. A l'intérieur, le souffle est coupé. Dôme d'or, marbres de toutes les couleurs: blanc, rose, vert, vert sombre, veiné de rose, un peu jaune. Extraordinaire. On se sent petite fourmi à l'intérieur. Pas mal de visiteurs, beaucoup de français et de japonais. Bizarre d'entendre parler français après une semaine ! Comme hier, J&K entrent dans une supérette acheter du cirage, il y avait là une famille de français, et deux jeunes hommes français. Et eux. A croire qu'elle n'attire (la supérette) que les français. 

Clin d'oeil aux Millet, la rue qui longe Sainte Sophie et

SANY0022.JPG

 qu'emprunte le tram est l'avenue ... Millet bien sûr. Avec 2  L pour  faire plus spirituel (ça c'est de J, jaloux va).

 

Balade superbe dans la basilique, dehors il tombe des cordes de neige fondue. 

 

Pour s'abriter le duo file vers le Grand Bazar, qui comme son nom l'indique, propose beaucoup de choses et où le thé est le plus cher jusqu'à maintenant : 4 liras. Une dans les autres lieux. Mais le barman a vu un groupe de pas rigolos investir son étal : services sanitaires municipaux. Il avait moins le sourire. 

Fuyant le Grand Bazar et le harcèlement des vendeurs (fatigant à la longue), les associés se jettèrent dans le tram pour rejoindre le musée d'art moderne. 

Surfant entre les flaques d'eau et de bouillasse (les pompes juste cirées sont de nouveau dégueulasses), le duo pénètre dans le temple de la culture: le site du musée d'art moderne, et s'arrête au premier bâtiment où est écrit en gros, Van Gogh. 

Brûlant d'impatience, K se jette à l'intérieur du bâtiment, et là grosse déception, il y a là 4 reproductions géantes de tableaux, un magasin de produits dérivés, quelques affiches explicatives et de profonds canapés. Désarroi du duo qui s'attendait à une véritable expo. J entraîne K dans un couloir sombre et là, là le bonheur arrive. Ce n'est pas une expo classique, ce sont des pans et des pans de murs couverts de photo numériques, s'estompant, se créant, se multipliant, délirant. La musique classique accompagne le défilé des dessins ou tableaux. C'est fééSANY0056.JPGrique. 

Les visiteurs passent, tournent sur eux-mêmes et finissent par s'asseoir à même le sol. Les images surgissent de partout et la musique berce l'émotion qui monte. K pleure, elle n'avait pas eu une telle émotion esthétique depuis Pompéï et Pink Floyd (ensemble via mp3). Le défilement des images, retraçant la carrière de Van Gogh, est superbement agencé. 

C'est fabuleux. Merci Istanbul de ce cadeau inespéré.  Peut-être que sur le net vous pourrez avoir une idée en tapant :

Van Gogh alive, the expérience; Abdi Ibrahim. 

Au bout d'un temps fort long, J tire K par la manche, elle serait bien restée planté là toute la journée à se laisser bercer encore et encore par la beauté des images. 

Lorsque le duo ressort dans le froid, il semble qu'un pan de rêve vient de s'envoler, et que la boue de la rue les tire vers le bas. Pour compenser cette descente difficile dans la réalité, ils grimpent les ruelles vers la tour de Galatée. Très jolie, mais après une telle splendeur, rien ne tire fibre aux âmes pleines de ce qu'elles viennet d'admirer. 

Alors la tête dans les étoiles, ou plutôt dans les tournesols, les associés abandonnent les visites pour ce jour et retournent se mettre au chaud, dormir pour l'un, écrire pour l'autre. Peut-être un hammam pour ce soir, ce serait bien. 

www.hurriyetdailynews.com/van-gogh-engages-s..

Par Ketty - Publié dans : Escapade
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