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Hier soir les associés sont allés dîner vers l'hôtel, dans un établissement un peu intégriste, recommandé par le routard. Eux qui rêvaient d'un dîner avec un verre de vin en ont été pour leurs frais. Impossible de boire une goutte d'alcool, même le vinaigre était banni des tables et remplacé par du sirop de grenade. Les consommateurs barbus inspiraient plus l'austérité que la franche rigolade, ou les roucoulades de la Saint Valentin. De plus ce n'était pas bon, et les portions plutôt congrues. Comme un peu partout autour de Sultanhamet.
Ce matin le ciel est si bas que les minarets sont gommés par les nuages. Peu après, des flocons volètent, de plus en plus gros. Et c'est sous la tempête que J&K franchissent les portes de Topkapi. Lieu incontournable pour qui visite Istanbul, car Topkapi est le palais des sultans. On ne visite bien sûr que quelques pièces, et la moitié des visitables étaient fermées !
Beaucoup, beaucoup de visiteurs. Des cars de japonais avaient envahi le site, des français en solo ou duo ou familles. Il a fallu un peu de patience parfois mais ça vaut la visite.
Quatre cours à la suite, de nombreux édifices.
En tout premier la cour des janissaires. Ces jeunes enfants chrétiens volés aux familles et élevés à la cour pour en faire des soldats. La fontainedu bourreau, où celui-ci nettoyait on sabre, rappelle qu'à la cour des sultans, on mourait vite lorsqu'on déplaisait. Le froid est tenace et les associés sautillent sur place, mais le site est tellemet grandiose, rappelle tant de films ou lectures que les conditions climatiques deviennent secondaires.
Un petit arbre creux où cacher ce que l'on veut, comme
J.
Dans la deuxième cour tout aussi monumentale, se nichent les 4 salles du trésor. Des émeraudes de la taille d'un oeuf, enchassées dans des bijoux travaillés à l'extrême, des carafes de cristal emperlées de pierres précieuses, un trône en or de 250 kg serti de rubis, etc. A en avoir la tête qui tourne. Les musts étant la boîte de cristal (une boîte à chaussures) remplies d'émeraudes grosses comme des oeufs de caille, un poignard dont le manche est fait d'émeraude, et un superbe diamant plus gros qu'une pièce de 5 francs. Les associés sortirent saoulés de cette visite.
Après, tout semblait terne, malgré la mugnificience des mosaïques. La salle du divan où le Sultan recevait ses hôtes est plus que richement décorée, ça coule de partout, en or, en marbre.
Petit détour par la salle des costumes où sont exposés quelques tenues des sultans, en superbe état. Des robes
d 'enfant, d'adultes. Le plus incroyable étant les pantalons, genre éléphantesques. Et des salles noyées de coussins, sous les dorures.
Le plus sympa était à venir, celui qui fait le plus délirer : le harem. Qui a vu Angélique chez le sultan, se souviendra de la splendeur du harem, des salles, fontaines, boiseries, bains. Pas la peine de raconter ou alors regardez le film, c'est comme en vrai !
Trêve de plaisanterie, c'est immense, un monument à part dans l'enceinte de la cité. Les mille femmes qui vivaient là étaient gardées par des eunuques, blancs à l'extérieur c'est à dire blancs de peau et émasculés, noirs à l'intérieur car complètement châtrés. Ouille !!!
Les jeunes femmes du harem n'étaient pas présentées tout de suite au sultan, il avait déjà une reine, et de 4 à 8 favorites attitrées. Elles faisaient le service de ces femmes pour apprendre leur rôle, assistaient en silence au cérémonial de la visite du sultan à ses femmes. Les danseurs mâles se tenaient face aux murs pour ne pas voir ce qui se passait. Quand aux femmes danseuses, si une plaisait le sultan lui jetait un mouchoir. Ce qui voulait dire ce soir c'est toi ! Dans la chambre du sultan, il n'y avait pas de lit, mais de multiples tapis et coussins entassés pour être moelleux. Et rigolo, des fontaines coulaient sans cesse, pour que l'on ne puisse pas entendre les soupirs d'amour du maitre, mais aussi ce qu'il disait à sa favorite du soir.
Si une jeune femme n'avait pas été remarquée,
elle pouvait être libérée au bout de neuf ans,
si la reine mère était d'accord bien sûr, et se marier avec un dignitaire. Cela permettait de rajeunir le cheptel ! Sachant que la plupart de ces femmes étaient soit princesses mariées par alliance soit des européennes enlevées et vendues, il ne devait pas être facile de sortir de là après 9 ans.
Photo de ce qui était le lit du Poussah, enfin la moitié;
J&K sur les rotules, complètement gelés se jettèrent dans le resto du lieu, assez chic, très cher, et ne s'enquiquinant pas avec le service.
Il faut faire la queue dehors pour un thé et se le ramener à sa table. Le tout pour 9 liras. Prix à battre, service le plus nul jusqu'à maintenant. Mais la terrasse est sur le Bosphore, alors évidemment ça se paye.
Les voyageurs finirent le tour des salles à visiter et se ruèrent à l'extérieur de l'enceinte, affamés et transis.
Un petit resto leur servit de halte, et pour donner une idée : plat + dessert + thé = 15 liras. Ok pour l'autre arnaqueur ?
Le nez sur le plan, ils arrivèrent au marché aux épices. L'orient est bien là, c'est beau, chaud, coloré, chatoyant, les vendeurs n'agrippent pas le chalant; j&K tournent, virent, et se
préparent un petit dîner à l'hôtel avec de la viand séchée, du fromage dans la peau de chêvre, des pistaches (les meilleures du monde), du pain, des loukoums et du vin. Au chaud et
tranquille ! Yeah, elle est pas belle la vie ?
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