Même si le titre de la rubrique disait une année, je ne pensais pas aller si loin. je dois y prendre goût. Bien ou mal ?
Mon ciel étire des doigts de ouate bleutée, signe qu'il ne pleut plus, mais demain ?
On s'en fout, ce soir, là maintenant, je veux vous parler d'un film qui m'a bouleversée : le jour de la jupe. D'abord Adjiani, moi j'aime, je suis restée dans sa folie de l'été meutrier, et tout
j'ai aimé. presque les femmes de l'ombre. Mais celui-là je lui tire mon chapeau bas. C'est vraiment une grande actrice. Que dire des autres, ils sont là; certes; mais on ne voit qu'elle, qui
brille, jusqu'à la fin que l'on n'attend pas. Le thème, dur de dur. Je me souviens de mes ados, qui n'étaient pas de la cité mais qui avaient ces réponses agressives et insultantes, sans même
sans rendre compte. Parce que c'est le langage des gamins hors la haute, et encore je ne sais pas. Moi j'en avais deux à demeure, que j'arrivais à peu près à canaliser, en discutant, en montrant
autre chose. Dans le film, ils sont en groupe, donc bien plus dangereux. Lorsque vous les prenez par la tendresse, certaiens choses se calment, mais en classe, où il n'y a pas de tendresse, où
ils jouent les petits coqs, que peut-on faire ? Rien, comme cette pauvre prof acculée à la haine et à l'amour mélés. Comment leur dire qu'ils se trompent ? Comment leur dire qu'ils font
chier ? Parce c'est le terme adéquat, avec leur c'est pas juste, leur pourquoi moi j'ai rien fait, avec leur tête à claque parce qu'ils sont mal mais qu'ils ne savent pas l'exprimer. Dieu que mes
enfants furent durs à ce moment, dieu que j'ai mal répondu, passant du laxisme à la colère, n'ayant pas d'épaule sur laquelle m'appuyer ni de ligne de mire sur laquelle me fixer. J'ai navigué à
vue, ne sachant trop que faire, écoutant les reproches des uns et des autres, écoutant aussi mon coeur. Aurait pu faire mieux, c'est sur, mais je n'ai pas su. Je m'en veux à ce jour mais je
ne pouvais faire plus. Pour leur demander pardon, je pourrais dire que je me débattais avec mes propres problèmes, un père abonnant, des parents toxiques, des beaux parents ne valant guère mieux.
Et des jules ne valant pas tripette, plus intéressé par leur propre bonheur que celui de ma petite famille. je leur souhaite la même galère maintenant que leur enfant ait grandit, mais je ne
serais plus là pour leur dire, Oh ben moi je ne laisserai pas faire ça ! Qu'ils se démerdent avec leur mouflet. Il me semble que vu le départ ça ne va pas être triste. M'en fous, chacun sa
mouise. Sauf que ce soir, j'ai le blues, pas d'eux, non, mais du sort fait aux femmes, du sort fait aux enfants, du sort fait aux adultes. Comme je le disais plus haut, chacun doit retrouver sa
place avant que le glacier ne dérive trop, dans des contrées plus qu'inhospitalières. et vous femmes, que faisons nous ? Pas contre les hommes, mais avec eux, et surtout avec nous. Ne laissons
pas le système nous bafouer, portons des jupes, jusqu'à en être gavé, jusqu'au dégoût. Osons affirmer notre féminité, envers et contre tout. Ce soir j'ai besoin de douceur, d'extrême douceur que
me procure mes Floyds tant aimés, et pourtant j'ai opté pour le Pas du chat noir d'Anouar Brahem, mon compagnon d'écriture difficile Comme ce soir.