Coucou, non pas de panne de la page blanche, encore moins de connexion, mais j'étais partie au loin, au loin de toute connexion, là où les portables passent à peine, parfois autour d'un arbre.
Vous avez deviné? En Aubrac, bien sûr, mon pays chéri. C'est la première fois que j'y vais en juin, la première fois que j'y reste coincée à l'hôtel. C''est à dire que je n'ai pas fait mon raid,
sac au dos, l'avenir dans mes pieds. Pourquoi pas, il faut savoir changer. Mouais, mais je peux avouer que ça m'a démangé grave, comme dit la jeunesse. Si j'y suis partie à cette saison, c'est
parce que je voulais voir les champs de narcisse, pour la beauté de la fleur, pour l'odeur. J'avais déjà vu les jonquilles, les oeillets, les bruyères, il me manquait les narcisses. Je suis
arrivée un peu tard, je n'en ai vu que quelques'uns, enfin parfois des touffes, avec cette odeur suave qui transcende tout. Idiot, mais bon chacun sa passion, moi je voulais voir en vrai ce que
je n'avais vu qu'en photo. C'était un peu réduit par rapport à mon attente, mais j'ai vu, j'ai pu rêver. Ouah. Et puis toujours les mêmes paysages désolés, les cailloux, les vaches aux beaux
yeux, les petits veaux que l'on a envie de biser, les taureaux Jean-René ou Jean-machin, avec leurs yeux porcins et leurs allures paisibles. Je crois que je ne peux pas tarir sur ce sujet, mon
pays d'amour. Si vous saviez comme il me manque lorsque j'en suis trop longtemps loin, mais c'est loin. Si loin. Comment ne pas aimer cette terre désolée, cette solitude qui vous emplit,
cette violence à peine cachée dans cette flore abondante et ces cailloux. Enfin bref, j'aime le pays, mais demain je vous ravonterai qui y passe, et là c'est une autre histoire.