De Joseph Roth. Nous sommes en 1927, et ce juif examine la situation de ces correligionnaires, en Russie, à Vienne, à Berlin, puis Paris. Leur vie n'est pas la même dans chaque pays, avec à chaque
fois le désir de partir, peuple en errance, soit aux Etats-Unis, soit en Palestine. Il dénonce le sionisme, opposé à la douceur d'un peuple. Ce peuple, qui comprend des riches et des pauvres, des
magnats de la finance et des mendiants, parfois plus russes ou allemands que juifs. Ce peuple qui n'a pas de patrie devient patriote, et prend les armes pour défendre sa patrie d'adoption. J'y ai
appris beaucoup. mais surtout il y a une préface de 1937, année de la mort de l'auteur, où il sent venir des choses mauvaises avec le National-socialisme. Mais, fidèle à sa foi, le peuple doit
attendre ce que son Dieu veut de lui. Incompréhensible pour qui n'a pas étudié la torah. Mais surtout, il y a un passage sur les sans papiers, tellement d'actualité que c'est à pleurer. J'ai relevé
quelques phrases que je vous lance comme piste de réfléxion.
"Dans un monde pareil, il n'est pas seulement impossible de donner du pain et du travail aux immigrés, cela va presque sans dire. Il est en plus impossible de leur donner ce qu'on appelle des
papiers. Et qu'est-ce qu'un homme sans papiers ? Moins que des papiers sans homme !
Dans nombre de pays européens de culture, les sociétés protectrice des animaux, oraganisent tous les ans d'étranges expéditions en direction du Sud: on y ramasse des oiseaux migrateurs qui ont été
abandonnés par leurs semblables à l'automne, et on les transporte dans des cages en Italie. Où existe-t-il une société protectrice des hommes qui accepterait de conduire nos semblalbes sans
passeport ni visa dans le pays de leur choix ? ....Les bourreaux des oiseaux sont maintenant punis, les bourreaux des hommes sont décorés....