Connaissez-vous Saint Hilaire la Palud ? Joli petit village niché entre ses canaux et ses bois, à 40 km de La rochelle et 25 de Niort. Petit bourg paisible où les gens lisent, et organisent le Salon des Dames du Marais, que des auteures en cette journée de la femme ! Outre l’accueil plus que charmant, j’ai plongé dans un monde si proche et si lointain, les histoires du village, à l’ombre de l’église. Le troussepinette m’ait un peu monté à la tête, ne pas abuser de cette boisson pourpre et liquoreuse. J’y ai rencontré des personnes joyeuses, attentionnées, et ce fut un réel plaisir de passer une journée dans ce salon. Mes voisines étaient fort agréables et nous avons bien discuté. J’apprends le métier, et même si je ne sais pas vendre mes livres, car c’est pour moi me vendre, ce que je me refuse du haut de mon orgueil. Au cours de ces échanges amicaux, j’ai parlé avec une vieille dame, une romancière aguerrie, une qui avait connu la guerre justement. Pour elle la crise remplaçait la guerre, le monde avait dérapé et il fallait un état de choc pour le remettre en bonne voie. Du lointain de ces 87 ans, elle analysait le désespoir des jeunes à qui on ne promet que chômage ou sida, comment avoir envie d’aller de l’avant avec de tels bagages ? Pas facile. Au terme de cette belle journée je suis rentrée. Et dans ma voiture j’y ai mis la radio, loupé les infos mais bof je n’avais pas envie des malheurs du monde ce soir-là. Mais que voilà ? Saladin et les musulmans, la jeune femme en tchador m’est revenue comme la nuit après le jour, et j’ai éteint la radio. Je ne comprends pas son attitude, je tentais de m’expliquer, je lui créais des histoires, mais non je n’arrivais pas à en faire une héroïne, plutôt une victime de la vindicte mâle. Cacher ses cheveux comme autrefois les dames sont leur coiffe. Cela nous ramène des années en arrière, et même dans un autre monde, celui de la petite Fadette, loin bien loin.