Jour d'amitié, donc pas de nouvelles pas de lecture. Promenade au thèatre des fées, lieu magique entre tous. Un des rares sites libre d'accès, encore, il faut en profiter. Seuls, infiniment seuls
au milieu des arbres et des vieilles pierres à déclamer le Cid sous un ciel fuyant, dans les coucous et les pissenlits. On pourrait trouver pire comme moment. Cela me fait penser aux mémoires de
Simone, quand elle raconte qu'elle s'est baladée en Grèce avec J.P.S, et où tous les sites étaient ouverts. A part celui de l'Acropole. Idem pour Rome. Ca me fait rêver. Elle raconte qu'ils
avaient dormi dans le théatre d'Epidaure, au milieu des cigales et des pins, avec Eschyle comme lecture de nuit. Que cela devait être grandiose, je n'ose imaginer le plaisir de s'endormir dans un
tel lieu, bercé par la mémoire de tous ceux qui sont passés là, puis se réveiller au chant des oiseaux, les yeux émerveillés de beauté et d'histoire. J'en rêve. Maintenant on paye l'entrée, on
passe les grillages, et on se fait engueuler par une guide qui fait son topo à un groupe d'italiens. Vous gènez, même si vous avez payé votre entrée, vous devez être transparent, impalpable,
limite insignifiant. Le lieu vous tolère à peine, enfin les gardiens du temple. Autres temps, autres méthodes. Alors pour le théatre des Bouchauds, il faut en profiter quand il en est encore
temps. Aller y passer une nuit, fermer les yeux sous la voute étoilée en écoutant du plus profond de la terre monter les voix très anciennes. J'aimerai cela. Mais il fait encore frais pour dormir
à la belle, je vais attendre pour réaliser ce voeu des plus abordables. Que ces vieilles pierres me touchent énormément ! J'aime à y passer la main, espérant sentir une chaleur depuis longtemps
disparue, cherchant un contact du temps. Tout muret de pierres sèches m'émeut, et là nul ne vous invite à rester à votre place, c'est à dire loin des choses. car en plus du billet d'entrée, il
est interdit de toucher maintenant. On ne vous autorise qu'à frôler des yeux, et je trouve cela frustrant. Alors évidement quand je lis Simone, les larmes de caprice me montent aux paupières.
Nous ne pouvons plus faire cela, à part quelques archéologues dûment missionnés, nous la plèbe il ne nous reste que les yeux. Pour pleurer.