Quel vilain 1er mai que celui-ci. Il fait gris, limite le ciel est en larmes. Pas sympa. cette année je ne suis pas partie sur la côte, manger des huîtres, profiter du soleil encore doux. C'est
peut-être mieux. Pourtant j'aime bien ces dépaysements de 3 jours, si possible sur une île entre le ciel et l'eau. Autre lieu, autre temps, le temps du rire et des amis, du grillon et de
l'aillet. Je ne sais même pas si on manifeste dans ma ville. bref je suis out. Et je ne devrais pas. c'est maintenant qu'il faut agir, réagir, avant qu'il ne soit trop tard. Je fais la
fainéante, beurk de moi.
Hier soir j'ai lu Ouf de Denise Bombardier. Une collègue me l'avait conseillé en disant que c'était léger. Et c'est vrai. Une quinqua qui raconte ses déboires amoureux, ses copines un peu folles,
ses ados parfois chiants. Bref la vie, quoi. Avec beaucoup d'humour. A conseiller quand on a le blues. On rit et on se retrouve très bien dans ces pages. J'aime cette autodérision et ce côté
cynique, tendre. Pas de malveillance, juste un regard souvent découragé, toujours drôle, de femmes trompées par le temps et leurs hommes. A la recherche du temps perdu qui ne reviendra plus ! Aux
illusions perdues aussi sur les couples indéfectibles de notre enfance. Même si les gens n'étaient pas heureux ensemble, ils restaient ensemble. Chacun plus que chacune s'arrangeait à droite
gauche pour le frisson sentimental mais restait dans sa famille. Vision bourgeoise et 19ème du mariage, qui ne colle plus avec notre société du bonheur à tout prix. Mais le prix est parfois lourd
à payer, très lourd. On sent cette difficulté devant le nouveau, et les coeurs qui flanchent devant la vie qui passe, la question du vieillir ensemble. Comme dans Carrère, mais en drôle.
Tout en nuances, tout en légèreté, féminine ?