Lorsque j'ai vu le film les choristes; m'est revenu l'Affaire Lebraque. La guerre des boutons, vous vous souvenez. J'avais beaucoup aimé le livre, le vieux film aussi. Pour cette ambiance de
villages, pour ces petits coqs querelleurs, pour ces filles un peu nunuches, justes bonnes à coudre. Mais aussi pour l'imagination de ces gamins, et puis aussi pour la fin. Un petit malin a fait
la même chose et l'a appliqué à notre système. Combien nous sépare de la guerre des boutons, 50, 80 ans ? Pas un siècle en tout cas. J'aurais pu chercher, cela aurait été mieux. Bon j'y vais.Le
livre est de 1912, je n'aurais pas cru. Bon 90 ans pour cette hisoire de gamins. Merci google, tu m'as évité de vider ma biblio pour tenter de retrouver ce bouquin ! Revenons à nos boutons.
Voilà, il y a 90 ans, cela a fait rire, même le film paru en 1967. On en a pas fait un fromage ni interdit cette promotion de la violence. Les adultes ont souri, les enfants ont aimé. Et point
barre. Madame Dolto n' a pas porté plainte pour non protection de mineur quand Lebraque prend une dérouillée à coup de ceinturon par son père. Nul ne s'est élevé. Et maintenant, on en serait où ?
Classés délinquants, les protagonistes se retrouvent avec un casier et plusieurs mois de prison ! Dingue, non. En cette époque répressive où nous n'avions, pas moi les grands, le droit de
balancer des pavés et de faire grève, et bien on se régalait de la violence de gamins entre gamins. De clocher à clocher. Qui a raison, qui a tort ? Je ne sais pas trop. Peut-être le sport est-il
là normalement pour éviter ces combats, non de rue, mais de chemin. On sublime son énergie par le sport, la compétition. Mais ça c'était pendant Pétain. Maintenant, on prône toujours le sport,
viril ou non. Que ce soit au judo ou au rugby, ce ne sont pas des tendres, les coups pris et donnés par mon cher fils me le prouvent. Mais peut-on si jeunes sublimer ce bouillonnement interne,
cette envie de tout casser ? Ou au moins la gueule de ceux qu'on aime pas ? Les adultes y arrivent au bout de frustations sans nom, et encore pas toujours. Alors quoi, l'être humain serait il
intrinsèquement violent, son essence première serait-elle de se battre, comme les animaux ? On dit non, qu'un société policée se doit de dépasser de tels instincts. Mais à force de réprimer nos
instincts, qu'allons nous devenir ? Névrosés ? Dépressifs ? Les cabinets de psy ne désemplissent pas, on crèe même des thérapeutes, hors circuit santé pour juguler le flots de gens qui vont
mal. Question ? Même Freud l'avait dit il y a bien longtemps. A force de réprimer nos pulsions nous devenons frustrés et tout le cortège de conséquences que cela implique. Certes, il vaut mieux
avaler des cachetons que balancer une claque à son voisin, mais n'y a-t-il pas une troisième voie ?