Le terrorisme social est à la mode. Si tu ne veux pas me donner de sous quand tu me vires je fais sauter l'usine. Comment en sommes nous arrivés là? Cela devient complètement anarchique. Si la
vendeuse de la boulangerie ou autre menace de faire sauter le commerce de son ex-patron, que lui arrivera-t-il ? On la mettra en prison illico-presto. Mais si quelques dizaines d'ouvriers
refusent, et à juste titre, de partir la queue entre les jambes, s'énervent et menacent, on les reçoit au ministère pour reprendre les pourparlers. Deux poids, deux mesures, pour un même
résultat. Des gens n'ont plus de boulot. Mais certains partent avec un gros chèque, les autres avec rien. Ecoeurant. Et moi qui rêvais de justice sociale, il ne me reste que les larmes pour
déplorer un tel état de fait. Ô ma république chérie, où sont les droits égaux de tes citoyens ? Comment peux-tu devenir la putain de Zébulon ?
Fi de ma tristesse politique, je vais vous narrer "le grand passage" de Coman Mac Carthy.Une famille de cow-boys dans le nouveau Mexique. Une louve, isolée, car on a tué son mâle, s'est perdue
sur ce territoire, elle chasse, elle tue pour survivre. Les fermiers la traque, et l'aîné des fils la capture. Au lieu de l'achever, il veut la ramener dans ses montagnes d'origine. D'un coup
d'un seul, il part sans prévenir personne. Mais le voyage tourne mal et la louve est capturée pour des combats avec des chiens, et il la tue. Revenu de son périple, sa famille a été décimée par
des voleurs de chevaux, il repart au Mexique avec son jeune frère pour retrouver les voleurs. Et on s'étale en langueur mélancolique, en longueur de détails comme les repas. Les deux frères
rencontrent moult personnages, qui les nourissent, qui les hébergent, jusqu'au moment où ils rencontrent les chevaux. Cela aurait pu être bien, vraiment je le crois, mais tous les passages en
espagnol non traduits me laissent sans voix. Je ne parle pas espagnol, je me suis forcée à lire car bien sûr on retrouve quelques mots au fil des pages et on devine le sens. Mais ça m'a barbé, ce
livre n'est pas pour tout le monde, donc pas pour moi. et puis souvent ils rencontrent des sages, hommes ou femmes, qui font des développements philosophiques sur le sens de la vie et du voyage.
Peut-etre n'ai je pas assez voyagé, en tout cas pas de cette façon, pour rencontrer des sages. Mais ça tournait au Paulo Coehlo, grand diseur du sens de la vie. Pas besoin de penser, tout est
dit. J'ai peiné à finir, peut-etre aurais-je pu apprécier si j'avais lu d'un seul coup, mais mes yeux se croisaient sur la page pleine de mots. Je n'ai pas eu la rencontre attendue, pas eu le
plaisir désiré. Cela fait deux fois que je lis un livre conseillé par ce lecteur, et bof, ne plus écouter ses critiques. La lecture est solitaire, peut-etre doit on seulement écouter ses
impulsions plutôt que les conseils des autres...