
Dimanche, je n'écoute pas les news mais cela n'empêche pas mon moteur de
fonctionner. Comment résister à ce qui parait irrésistible, ce flot de nouvelles et d'états de fait inacceptables? J'ai beau me triturer les méninges, je ne sais et me sens veule. Comment
faites-vous, vous ?
Je continue dans ma sélection du prix Jean Monnet. La tourterelle et le chat huant de Jean Clair. J'hésite, cherche mes mots. Ce livre m'a emballé par moments, pour la justesse de ses propos,
pour la grâce de sa langue. A d'autres, il m'a déçu, avec ce sempiternel passéisme qui me rebute. Ce livre est un mélange de réflexions esthétiques, de réflexions sur la vie et la société, avec
quelques pages sur autrefois, le tout émaillé, non plutôt gavé de références. Jusqu'à la nausée. Il me faisait penser à Marc Fumarolli, que j'aime bien écouter, plus difficilement à lire,
discourrant sur la culture qui n'est plus. Car à trop vouloir la démocratiser on l'a dévaluée, jusqu'à la rendre plsu que médiocre, la culture n'est plus. Je me suis alors souvenue de la
présentation de cet auteur, c'est un ancien conservateur de musée, d'un grand musée, je ne sais plus lequel. D'où ses multiples connaissances, mais assénées au marteau, et si tu ne les as pas,
tant pis pour toi. Un livre élitiste, sûrement, mais avec des pages sensibles et belles. J'eûs préféré qu'elles soient séparées, je me serais contentée avec ravissement de celles pour les
incultes. Et puis sa colère contre les touristes me dérange,, si ça ne lui convient pas, pourquoi ne reste-t-il pas chez lui, à courir dans les musées dignes de ce nom, et laissant la planète à
la plèbe ? Qui vagabonde entre les oeuvres d'art, sans connaissance aucune. Il y a là un élitisme dérangeant. Je vais vous livrer certaines phrases qui m'ont plu, et vous conseille le premier
paragraphe sur "le livre de ma vie".
- "ne possédant rien, je désirais tout. On va toujours plus loin sans bagages. Allégé d'un héritage que je n'aurais jamais, j'étais d'autant plus habile à m'emparer de ce qui passait à ma
portée..." Ca c'est pour les vilains petits canards de mon espèce.
- "Tertullien: Nulle part tu n'approuveras des courses vaines, des lancers et des sauts plus vains encore. Nulle part tu n'apprécieras des forces employées pour le mal ou vainement, pas plus que
le souci d'un corps factice- qui a fait mieux que Dieu dans le modelé humain ! Tu haïras des hommes qu'en vue de loisirs à la grecque, on met à l'engrais..."