102 est un beau chiffre pour changer de façon de faire. Je vais d'abord vous parler du livre fini. L'un vers l'autre de François Cheng. Sélection Jean Monnet. Toujours ce même malaise avec la
plupart de ces livres. Et encore un académicien. Et encore un qui vole trop haut pour nous emmener en voyage. D'abord écrire sur un écrivain n'est pas chose simple, quoique l'on fasse c'est son
ressenti qui passe et l'auteur n'est plus là pour vous expliquer ce qu'il ne pouvait peut-etre même pas expliquer. Le connais toi toi-même devrait être mis en exergue, s'il est si difficile de se
connaître, comment peut-on connaître un autre ? Même s'il a écrit. Les explications de texte doivent bien faire rire les écrivains dans leurs tombes. Pourquoi vouloir tout expliquer ? Ne peut-on
se dire qu'à un instant t, l'auteur a ressenti certaines émotions et les a retranscrites, sous sa forme à lui, qui n'aurait pas été les mêmes à l'instant t+1. Alors de ce livre, je peux dire
qu'il ne pas emmené dans le voyage initiatique du poète breton. Je suis restée sur le quai, abasourdie du langage précieux et dithyrambique. Ce ne sera pas mon préféré.
Aujourd'hui je suis allée à un salon du livre dans un lieu que j'adore, où je me verrais bien m'installer, même si je suis archi contre les maisons secondaires. Mortagne sur Gironde. Le ciel bleu
balayait les falaises crayeuses, les mâts tintinnabulaient dans le port, les mouettes virevoltaient, le soleil dorait le tout d'une chaleur caressante. Bref c'est beau, c'était une magnifique
journée. J'ai rencontré 3 écrivaines que je ne connaissais pas, charmantes. Mon côté vilain petit canard devant leurs talents, leur statut social m'a laissé sur le côté, et gentiment, comme
souvent les gens bien nés, elles sont venues vers moi. C'est là que l'on reconnait la différence entre le statut de race et les parvenus, mais c'est une autre histoire. Alors dans ce lieu
idyllique, la grippe s'est engouffrée, nous glaçant le dos de ses prévisions malignes. Même là ! Les stat les plus folles ont circulé, 3 semaines de quarantaine, les stocks alimentaires en train
de se faire, 22 millions de personnes atteintes en France, etc. Je ne sais pas si je me rends bien compte, je ne sais pas ce que je ferais. Mais comme tous les idéalistes, je ne gonflerai pas mes
stocks alimentaires. Peut-etre à tort. Mais on ne se refait pas !